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Interrogatoires : l’expérience compte
29 janvier 2010 par
Pendant un interrogatoire de police, les suspects avec antécédents criminels utiliseraient des stratégies différentes de ceux n’ayant jamais eu affaire avec le système judiciaire.
Selon les résultats d’une étude suédoise (Granhag, Clemens & Strömwall, 2009), antécédent judiciaire et suspicion de culpabilité influenceraient la manière dont les suspects d’un crime se défendraient au cours d’un interrogatoire de police.
Dans cette expérience, des étudiants d’université n’ayant jamais été auditionnés par la police ainsi que d’anciens criminels doivent s’imaginer être l’auteur d’un vol dont le récit détaillé vient de leur être dévoilé. Avant d’être interrogés, ils sont informés qu’une forte ou faible suspicion pèse sur leur responsabilité dans le crime.
Invités dans un premier temps à relater librement les faits, les individus « naïfs », sans antécédent judiciaire, communiquent un plus grand nombre d’éléments permettant de les accuser que les individus « expérimentés ». Ils les communiquent d’autant plus facilement que leur implication dans le vol est fortement soupçonnée. En revanche, les « suspects » expérimentés ne sont pas sensibles au degré de suspicion.
En réponse à des questions spécifiques, les résultats sont sensiblement identiques à ceux observés sur le rappel libre des faits, à ceci près que le degré de suspicion n’influence ni les suspects naïfs, ni les suspects expérimentés.
Les personnes sans antécédent judiciaire fournissent donc plus fréquemment que d’anciens criminels des informations permettant de les accuser. Cette différence de comportement, pensent les auteurs de l’étude, suggère que l’emploi de sujets naïfs [1] dans les recherches expérimentales de psychologie légale pose des limites à la généralisabilité des résultats obtenus.
Référence :
Granhag, P. A., Clemens, F., & Strömwall, L. A. (2009). The usual and the unusual suspects : level of suspicion and counter-interrogation tactics. Journal of Investigative Psychology and Offender Profiling, 6(2), 129-137.
Mots clés :
Interrogatoire de police – Criminel – Stratégie – Culpabilité - Suspicion – Adultes
Crédit photo :
svenwerk
Certains droits réservés : Licence Creative Commons
[1] Il s’agit généralement d’étudiants en psychologie.
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