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Stress et mémoire chez l’enfant
31 janvier 2006 par
Les enfants peuvent-ils se souvenir d’un épisode stressant vécu à l’âge d’un ou deux ans ? Le délai séparant des faits angoissants du premier entretien influence-t-il la qualité de leur déclarations ?
Les psychologues canadiennes Carole Peterson et Brenda Parsons publient les résultats d’une étude portant sur l’aptitude de jeunes enfants à se remémorer un évènement stressant (Paterson & Parsons, 2005). Elles prennent contact avec des familles dont l’enfant, âgé d’un ou deux ans, est hospitalisé d’urgence. Les parents et les enfants (sauf ceux âgés d’un an) sont invités à faire un compte rendu de cet épisode difficile.
Cinq années plus tard, les enfants s’étant blessés à l’âge d’un an n’en ont, en général, pas de souvenirs. Ceux qui s’en souviennent commettent fréquemment des erreurs, faisant un amalgame avec d’autres expériences personnelles. Par contre, les enfants s’étant blessés à l’âge de deux ans en ont des souvenirs précis et mélangent rarement des expériences différentes.
Carole Peterson présente, avec d’autres collaborateurs, une seconde étude. Son objectif est de comprendre, chez des enfants âgés de trois à neuf ans, l’influence du délai séparant les faits du premier entretien sur leur mémoire d’un évènement stressant (Paterson, Pardy, Tizzard-Drover & Warren, 2005). L’entrevue avec les jeunes participants porte également sur une blessure ayant nécessité une hospitalisation d’urgence. Certains enfants sont interrogés peu de temps après cet épisode, puis six mois, un an et deux ans plus tard. D’autres le sont un an et deux ans après.
Au bout de deux ans, les enfants font des déclarations plutôt complètes de leur mésaventure, même quand le premier entretien est tardif. Les chercheurs font des découvertes intéressantes quand ils distinguent la mémoire de l’épisode de la blessure de celle de l’hospitalisation. Les déclarations des enfants sont plus complètes et précises concernant cette dernière quand ils sont interviewés rapidement après les faits et plus fréquemment par la suite. Pour les autres participants, cette partie de leur mésaventure est plus difficile à rappeler.
Références :
Peterson, C., & Pardy, L., Tizzard-Drover, T., Warren, K.L. (2005). When initial interviews are delayed a year : Effect on children’s 2-year recall. Law and Human Behavior, 29(5), 527-541
Peterson, C., & Parsons, B. (2005). Interviewing former 1- and 2-year olds about medical emergencies 5 years later. Law and Human Behavior, 29(6), 743-754.
Mots clés :
Stress - Mémoire - Témoignage - Entretien - Enfants
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