Vous êtes ici :
- Accueil
- Actualités
- Identification de suspect : la méprise
Identification de suspect : la méprise
13 février 2009 par
Le transfert inconscient est une erreur de mémoire consistant à identifier une personne familière, mais innocente, à la place du criminel. Cette méprise serait possible même quand ces deux individus ne se ressemblent pas physiquement.
À la fin des années 80, une jeune femme désigna Larry Bostic comme l’homme l’ayant agressée sexuellement dans la ville de Fort Lauderdale, États-Unis. Presque vingt ans plus tard, elle confessa l’avoir identifié parce que tous deux s’étaient vraisemblablement croisés dans le voisinage, mais pas le jour du crime. Le visage de Bostic était donc connu de la victime quand fut organisée la parade d’identification. Les analyses ADN, entreprises à la suite de ce nouvel élément, permirent de disculper définitivement le condamné des faits reprochés.
Cette erreur de mémoire, le transfert inconscient, apparaîtrait dans des circonstances particulières. De plus, les psychologues ne sont pas d’accord sur la manière de l’expliquer (voir Ross, Ceci, Dunning, & Toglia, 1994, pour une synthèse des points de vue). Selon l’une des interprétations proposées, le témoin confondrait malfaiteur et personne innocente au moment où il les perçoit. Dans ce cas, la confusion serait d’autant plus probable que les deux protagonistes se ressemblent physiquement.
Cette interprétation est nuancée par les résultats de deux expériences publiées par Julie Earles et ses collègues de l’Université Atlantique de Floride, États-Unis. Dans celles-ci, les participants doivent se souvenir d’actions de la vie quotidienne réalisées chacune par un acteur différent. Les psychologues constatent que ces « témoins » peuvent reconnaître par erreur des évènements impliquant un acteur familier (étudié) en train d’accomplir une action, elle aussi familière, mais qui a été en fait réalisée par une autre personne. Cette méprise est plus fréquente quand les deux acteurs se ressemblent, mais elle est aussi possible quand ce n’est pas le cas, en particulier quand ils sont de sexe différent !
Références :
Earles, J.L., Kersten, A.W., Curtayne, E.S., & Perle, J.G. That’s the man who di dit, or was it the woman ? Actor similarity and binding errors in event memory. Psychonomic Bulletin & Review, 16(6), 1185-1189.
Ross, D.F., Ceci, S.J., Dunning, D., & Toglia, M.P. (1994). Unconscious transference and mistaken identity : When a witness misidentifies a familiar but innocent person. Journal of Applied Psychology, 79(6), 918-930.
Mots clés :
Témoignage oculaire - Transfert inconscient – Mémoire – Identification – Reconnaissance – Familiarité – Cognition – Adultes
A lire également sur PsychoTémoins :
Cécité au changement et méprise sur l’identité d’un suspect [Mise à jour]
Se tromper sur l’identité d’un malfaiteur : une étude chez l’enfant
Crédit photo :
dkscully
Certains droits réservés (Licence Creative Commons)
Brèves
-
[Document] Version française du protocole du NICHD pour le recueil des témoignages d’enfants
18 juillet 2013 -
[Parution] Les faux souvenirs
22 avril 2013 -
[Parution] Suggestibilité et justice
7 janvier 2013 -
[Parution] La mémoire chez l’enfant témoin ou victime
19 décembre 2012



